Les cobayes ont été, pendant une heure et en silence, dans un cube générant un champ magnétique artificiel.

Cela s’appelle la magnétoréception. Autrement dit, c’est le fait qu’un être vivant soit sensible ou réceptif au champ magnétique terrestre, à sa position ou encore à ses mouvements. On avait déjà constaté que c’était le cas chez certains oiseaux, chez des poissons, chez certains insectes et même chez des bactéries.

Chez l’humain, le sort de cette magnétoréception n’avait jamais été scellé. Dix chercheurs du California Institute of Technology (Caltech) viennent d’apporter la première pierre à l’édifice. Leur travail de recherche, publié sur la plateforme de prépublication eNeuro, affirme que les modifications du champ magnétique peuvent avoir une incidence sur le cerveau humain.

L’expérience a été menée sur 34 adultes, âgés de 18 à 68 ans. Les cobayes, qui n’étaient a priori pas claustrophobes et n’avaient pas vu ce film, ont été placés, pendant une heure et en silence, dans un cube générant un champ magnétique artificiel, censé reproduire les conditions du véritable champ magnétique – vous savez, celui qui bouge n’importe comment et doit constamment être mis à jour pour nos systèmes de navigation. Sur la tête des valeureux élus, un électroencéphalogramme (EEG) pour capter les signaux électriques du cerveau.

Pendant l’expérience, l’intensité du champ magnétique a été modifiée de façon à reproduire ce qu’il se passe dans la vraie vie, sur Terre : une modification constante de notre orientation par rapport aux pôles magnétiques.

Chez certains cobayes, lorsque le champ était orienté vers le bas et était balayé dans le sens anti-horaire, les chercheurs ont constaté une baisse – jusqu’à 60 % – de l’amplitude des ondes alpha, ondes principalement émises quand lorsque l’on a les yeux fermés et que l’on est dans un état de tranquillité.

En revanche, lorsque le champ magnétique était orienté vers le haut puis mis en rotation, aucun changement dans l’oscillation des ondes alpha n’a été constaté. Comme si le cerveau était sensible à la polarité nord/sud.

Les scientifiques ne savent pas exactement quel est le mécanisme sous-jacent à la magnétoréception humaine. Il pourrait s’agir de cellules spécifiques, responsables de cette forme de sensibilité. Mais ils sont formels sur un point : l’expérience exige d’être reproduite par d’autres membres de la communauté scientifique pour que l’on puisse affirmer avec certitude quoi que ce soit.

 

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